Stagnation en simracing et objectif top 8

J’ai stagné en simracing… et j’ai failli arrêter

Que faire quand on ne progresse plus en simracing ?

C’est une question que je ne pensais pas forcément devoir me poser aussi tôt dans mon projet.

En début d’année 2026, je me suis lancé un défi : essayer d’atteindre progressivement le Top 8 % des simracers. L’idée était simple : me fixer un objectif suffisamment ambitieux pour sortir de ma zone de confort, travailler ma pratique et surtout vous partager, au fil des mois, ce que représente réellement une progression en simracing.

Je savais que ce serait difficile.

Ce que je n’avais pas vraiment anticipé, c’est que le principal obstacle ne serait peut-être pas mon niveau de pilotage.

Ce serait mon envie de piloter.

Aujourd’hui, alors que l’année 2026 est déjà bien entamée, je dois faire un constat assez frustrant : je suis globalement au même niveau qu’en début d’année. Et pendant une période, j’ai même tellement perdu l’envie de rouler que j’ai envisagé d’arrêter temporairement le simracing.

Pourtant, je n’ai pas abandonné mon objectif de progresser.

J’ai simplement compris que je devais changer ma manière de l’aborder.

Mon setup aurait pu ressembler à ça si j’arrêtais… XD

Quand la stagnation devient frustrante

La stagnation est probablement l’une des choses les plus frustrantes lorsqu’on cherche à progresser dans une discipline.

Au début, les progrès sont faciles à constater. On découvre les techniques, on améliore ses trajectoires, on freine plus tard, on comprend mieux les réglages ou la gestion d’une course… Et puis arrive un moment où les secondes deviennent des dixièmes, puis des centièmes.

On a parfois l’impression de travailler sans que cela produise réellement de résultat.

On enchaîne les courses avec des résultats en dents de scie. Une bonne performance laisse penser qu’on a enfin franchi un cap, puis la course suivante nous ramène brutalement à la réalité.

Et forcément, une question finit par apparaître :

« Est-ce que je progresse vraiment ? »

C’est exactement dans cette situation que je me suis retrouvé.

Mon objectif Top 8 % était censé être un moteur pour progresser. Mais au fil des mois, j’ai réalisé que je faisais surtout quelque chose de beaucoup plus simple : je ne roulais pas assez.

Et finalement, c’est peut-être la première chose à accepter lorsqu’on stagne.


Le problème le plus évident : je ne roule pas assez

Je l’ai déjà dit à plusieurs reprises dans mes vidéos, et pourtant je n’ai pas suffisamment appliqué ce principe à moi-même.

La progression en simracing demande du temps.

Il n’existe pas vraiment de raccourci magique.

On peut regarder des vidéos, analyser les données, travailler avec un coach, observer les meilleurs pilotes, apprendre les techniques de pilotage ou optimiser son matériel. Tout cela peut être extrêmement utile.

Mais à un moment donné, il faut retourner en piste.

Il faut répéter.

Encore et encore.

Une trajectoire doit devenir naturelle. Un point de freinage doit être mémorisé. Une voiture doit devenir familière. Il faut apprendre à sentir ses limites, comprendre ses erreurs et développer suffisamment de constance pour reproduire un bon tour lorsque la pression monte.

Et tout cela demande du temps de roulage.

Or, cette année, je n’en ai clairement pas consacré suffisamment.

Entre le travail, la vie de couple, la création de contenu, les différentes activités de la vie quotidienne et mes autres centres d’intérêt, le simracing a parfois été relégué assez loin dans mes priorités.

Et je ne peux pas vraiment m’en plaindre.

La réalité, c’est que le simracing n’est pas mon activité professionnelle. Je dois donc composer avec toutes les autres choses qui font partie de ma vie.

C’est d’ailleurs l’une des choses que je voulais montrer à travers ce projet.

Je pourrais vous présenter uniquement mes meilleurs résultats, mes entraînements réussis et mes éventuelles progressions. Mais ce serait oublier une partie importante de la réalité : progresser demande du temps, et tout le monde n’a pas plusieurs heures par jour à consacrer à son simulateur.


Le simracing demande de plus en plus de temps

Il y a également un autre élément qu’il faut prendre en compte : le niveau général en simracing est devenu extrêmement élevé.

Sur des plateformes comme iRacing ou Le Mans Ultimate, il suffit parfois de participer à une course dans les premiers splits pour s’en rendre compte.

Les meilleurs pilotes sont capables d’enchaîner les tours avec une régularité impressionnante. Certains vont consacrer des heures à un seul combo voiture/circuit afin de gagner quelques centièmes.

Et lorsqu’on se retrouve face à des pilotes qui ont énormément travaillé un combo, il devient difficile de rivaliser sans avoir soi-même investi un temps conséquent.

Ce n’est pas une excuse.

C’est simplement une réalité.

Aujourd’hui, vouloir atteindre un très haut niveau en simracing implique souvent un investissement qui peut être difficile à concilier avec une vie professionnelle, familiale et sociale.

Il faut parfois consacrer plusieurs heures à une seule voiture sur un seul circuit pour véritablement maîtriser le combo.

Puis il faut recommencer avec le suivant.

Et encore le suivant.

À haut niveau, la progression ne consiste donc plus simplement à « jouer régulièrement ». Elle demande une forme de véritable entraînement.

C’est précisément là que mon objectif Top 8 % a commencé à poser problème.


Quand un objectif censé motiver devient une pression

Au départ, me fixer un objectif était extrêmement motivant.

Je voulais voir jusqu’où je pouvais aller.

Je voulais progresser.

Je voulais apprendre.

Et surtout, je voulais partager cette expérience avec vous en étant transparent sur les réussites comme sur les difficultés.

Mais progressivement, quelque chose a changé.

Je ne me suis plus installé dans mon cockpit uniquement parce que j’avais envie de rouler.

Il y avait toujours quelque part dans ma tête cette idée :

« Il faut que je progresse. »

Une session qui ne produisait pas un meilleur chrono semblait parfois être une session ratée.

Une course moyenne pouvait donner l’impression d’avoir perdu du temps.

Et lorsqu’on commence à associer une activité que l’on aime à une obligation de résultat, le plaisir peut rapidement disparaître.

C’est assez paradoxal.

Je voulais progresser davantage.

Mais cette pression m’a donné moins envie de rouler.

Et comme je roulais moins…

je progressais encore moins.

J’étais finalement entré dans un cercle assez négatif.


Le piège du « focus performance »

C’est quelque chose que j’appellerais aujourd’hui le focus compétitif ou focus performance.

La compétition est évidemment une partie essentielle de ce qui me plaît dans le simracing.

J’aime essayer d’aller plus vite.

J’aime me battre contre d’autres pilotes.

J’aime regarder un chrono et chercher les quelques dixièmes qui peuvent encore être gagnés.

Le problème n’est donc pas la recherche de performance en elle-même.

Le problème apparaît lorsque la performance devient la seule raison de pratiquer.

Avant ce projet, je pouvais lancer une session simplement parce que j’avais envie de conduire.

Découvrir une voiture.

Faire quelques tours.

Participer à une course sans forcément avoir un objectif précis.

Aujourd’hui, avec cet objectif de progression, j’avais tendance à regarder beaucoup plus le résultat.

Et quelque part, j’avais perdu une partie de ce qui m’avait donné envie de faire du simracing au départ :

le plaisir de rouler.


J’ai dû faire une pause

C’est finalement ce qui m’a conduit à prendre une pause.

Pas parce que je n’aimais plus le simracing.

Mais justement parce que je commençais à ne plus l’apprécier de la même manière.

Et cette nuance est importante.

Je continuais à regarder des vidéos de simracing. Je suivais les actualités. Je m’intéressais toujours aux nouvelles voitures, aux compétitions et aux techniques de pilotage.

Mais lorsque venait le moment de m’installer dans mon cockpit…

je n’en avais parfois tout simplement pas envie.

Et je pense qu’il faut savoir écouter ce genre de signal.

Dans une passion, on peut parfois avoir tendance à penser qu’il faut toujours faire davantage.

Plus d’entraînement.

Plus de courses.

Plus de performances.

Plus de résultats.

Mais parfois, la meilleure chose à faire est de prendre du recul.

Cette pause m’a finalement permis de comprendre que mon problème n’était pas nécessairement mon objectif.

C’était la manière dont je l’avais transformé en contrainte.


Et si la stagnation n’était qu’un symptôme ?

C’est probablement l’une des principales leçons que je retiens de cette période.

Lorsqu’on stagne, notre premier réflexe est souvent de chercher une solution technique.

Changer de matériel.

Regarder davantage de tutoriels.

Chercher un setup.

Faire du coaching.

Analyser ses données.

Changer de voiture.

Et toutes ces choses peuvent effectivement aider.

Mais parfois, le problème est ailleurs.

Pourquoi est-ce que je ne roule plus autant qu’avant ?

Pourquoi est-ce que je repousse mes sessions ?

Pourquoi est-ce que je n’ai plus envie de lancer une course ?

Pourquoi est-ce qu’une mauvaise performance me frustre autant ?

Ce sont peut-être des questions plus importantes que :

« Comment gagner encore deux dixièmes ? »

Dans mon cas, le manque de roulage était une conséquence de plusieurs choses : le manque de temps, mes autres priorités et surtout cette pression que je m’étais progressivement imposée.

La stagnation était donc peut-être davantage un symptôme qu’un problème en soi.


Il n’y a pas que la performance qui peut démotiver

Évidemment, mon expérience n’est pas universelle.

D’autres simracers peuvent connaître exactement la même sensation pour des raisons complètement différentes.

Certains peuvent être découragés par les incidents à répétition.

Vous faites une course propre pendant 30 minutes et quelqu’un vous élimine au premier virage.

Vous recommencez.

Même chose.

Au bout d’un moment, la frustration peut devenir importante.

D’autres peuvent être lassés par certains comportements en piste.

Et pour les pilotes qui évoluent à très haut niveau, le problème peut encore être différent.

L’investissement nécessaire pour rester compétitif peut devenir énorme, tandis que les résultats, la reconnaissance ou les opportunités ne sont pas toujours à la hauteur des efforts consentis.

Le simracing peut alors devenir une véritable activité professionnelle ou semi-professionnelle, avec toutes les contraintes que cela implique.

La saturation peut donc toucher n’importe quel profil.

Et elle ne signifie pas nécessairement que l’on n’aime plus cette discipline.

Parfois, elle signifie simplement qu’il faut changer sa manière de la pratiquer.


Alors, est-ce que j’abandonne mon objectif Top 8 % ?

C’est probablement la question la plus importante.

Et la réponse est…

oui et non.

J’ai décidé d’abandonner l’échéance que je m’étais imposée.

Je ne veux plus me dire :

« Il faut absolument que j’atteigne le Top 8 % avant telle date. »

Parce que cette échéance ne dépend pas uniquement de moi.

Elle dépend du temps que je peux consacrer au simracing, de ma vie personnelle, de mes priorités, de ma progression et même de l’évolution du niveau général des joueurs.

En revanche, je n’abandonne absolument pas l’objectif de progression.

Je veux toujours essayer d’atteindre ce fameux Top 8 %.

Sur iRacing, cela signifie notamment continuer à viser à terme les 3000 d’iRating.

Sur Le Mans Ultimate, je souhaite au minimum consolider mon niveau S2 et voir jusqu’où je peux aller.

Mais désormais, je veux que cela se fasse différemment.


Progresser sans oublier pourquoi on roule

C’est probablement le changement le plus important dans ma manière d’aborder ce projet.

Je veux continuer à m’entraîner.

Je veux continuer à apprendre.

Je veux toujours devenir un meilleur pilote.

Mais je ne veux plus que chaque session soit évaluée uniquement à travers un chrono ou un résultat.

Je veux pouvoir faire une course simplement parce que j’en ai envie.

Je veux pouvoir essayer une voiture sans me demander immédiatement si elle va m’aider à progresser vers mon objectif.

Je veux pouvoir passer une soirée à rouler sans avoir l’impression qu’elle doit être « rentable ».

Et paradoxalement, je pense que cette approche pourrait finalement m’aider davantage à progresser.

Parce que si je retrouve l’envie de rouler, je roulerai davantage.

Et si je roule davantage, je me donnerai naturellement davantage de chances de progresser.


Il faut aussi accepter son rythme

C’est probablement un message que j’aurais aimé entendre plus tôt.

Tout le monde n’a pas les mêmes disponibilités.

Tout le monde n’a pas le même talent.

Tout le monde n’a pas la même expérience.

Et surtout, tout le monde n’a pas les mêmes objectifs.

Certains peuvent consacrer 20 heures par semaine au simracing.

D’autres auront peut-être deux heures.

Cela ne signifie pas que ces deux heures ne valent rien.

Il faut simplement accepter que la progression ne sera pas nécessairement la même.

Personnellement, je pense que j’ai parfois voulu comparer mon niveau à celui de pilotes qui consacrent énormément de temps à leur pratique, alors que mon quotidien ne me permet pas forcément de faire la même chose.

Cela ne veut pas dire qu’il faut renoncer à ses ambitions.

Cela veut dire qu’il faut adapter ses ambitions à sa réalité.

Et surtout ne pas transformer une passion en source permanente de culpabilité.


Mon objectif Top 8 % continue donc… autrement

Je ne considère donc pas cette première moitié d’année comme un échec.

Bien sûr, si je regarde uniquement les chiffres, le bilan n’est pas particulièrement glorieux.

Je n’ai pas atteint le niveau que j’espérais.

Je n’ai pas roulé suffisamment.

Et j’ai même fait une pause.

Mais j’ai appris quelque chose que je n’aurais probablement pas découvert en continuant simplement à enchaîner les heures de roulage :

progresser n’a de sens que si l’on a encore envie de pratiquer.

Mon objectif Top 8 % change donc de forme.

Il n’y a plus vraiment de compte à rebours.

Je veux continuer à avancer, mais à mon rythme.

Entre mon travail, mes autres passions, la création de contenu et ma vie personnelle.

Et surtout, je veux retrouver cette sensation qui m’a donné envie de commencer le simracing :

avoir simplement envie de m’asseoir dans mon cockpit et de rouler.


Et maintenant ?

Je continuerai évidemment à documenter cette aventure.

L’objectif Top 8 % n’est donc pas terminé.

Il est simplement devenu un peu différent.

En fin d’année, je ferai malgré tout un bilan pour voir où cette nouvelle approche m’aura mené.

Est-ce que j’aurai réussi à progresser ?

Est-ce que mon niveau aura réellement évolué ?

Est-ce que j’aurai réussi à retrouver davantage de plaisir ?

Et surtout : est-ce qu’en arrêtant de me mettre autant de pression, j’aurai finalement davantage progressé ?

Je n’ai pas encore la réponse.

Et c’est justement ce qui rend la suite intéressante.

Parce que ce projet n’est pas uniquement une quête de chrono ou d’iRating.

C’est aussi une expérience pour comprendre comment progresser dans une passion sans finir par perdre le plaisir qui nous y a amené.

Si vous êtes vous-même passé par une période de stagnation ou de démotivation en simracing, je serais vraiment curieux de connaître votre expérience.

Est-ce que vous avez déjà eu l’impression de trop vous focaliser sur la performance ?

Avez-vous déjà fait une pause ?

Et surtout, qu’est-ce qui vous a permis de retrouver l’envie de rouler ?

C’est peut-être finalement la question la plus importante de tout ce projet.

Parce qu’avant de chercher à devenir un meilleur simracer, il faut peut-être simplement commencer par avoir envie de redevenir pilote.

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